Vous jouez bien, puis tout se dérègle. Une faute évitable, un regard vers le score, et la concentration en match de tennis s’évapore. Le problème n’est pas votre coup droit. Il se niche entre les points, dans ces secondes où l’esprit s’emballe.
Chez les amateurs, la tête rejoue le point précédent, anticipe le prochain jeu, ou s’accroche à l’erreur. Résultat : dispersion mentale, tension inutile, fautes directes. Pourtant, la règle est claire : environ 25 secondes séparent deux points (FFT). C’est peu… et suffisant.
Les joueurs réguliers l’ont compris. Ils utilisent une routine mentale simple pour couper le bruit, revenir à l’essentiel et repartir avec une intention claire. Pas de magie : une méthode concrète, répétable, qui transforme ces 25 secondes en avantage.
Pourquoi on perd sa concentration entre les points
Sur le court, la majorité des fautes ne viennent pas d’un manque de technique. Elles naissent ailleurs. Dans cet espace invisible entre deux points, quand l’esprit s’emballe. La raquette est prête, les jambes aussi… mais la tête, elle, part dans tous les sens.
Entre les points, la charge mentale grimpe vite. On repense à la faute directe, on anticipe le score, on imagine déjà le jeu suivant. Résultat : vous n’êtes plus dans l’instant. Or, au tennis, tout se joue dans l’instant.
Le problème, c’est que cet intervalle est rarement structuré chez les joueurs amateurs. Contrairement aux pros, personne ne vous a appris quoi faire précisément pendant ces 25 secondes réglementaires fixées par la FFT. Alors le cerveau comble le vide. Et rarement dans le bon sens.
Pourtant, il ne s’agit pas de “penser plus fort”, mais de penser mieux. Et surtout, de penser moins.
Le piège du point précédent
Rejouer mentalement le point perdu est un réflexe courant. Vous revoyez cette balle de break manquée, cette volée facile mise dehors. Le cerveau rumine, amplifie l’erreur directe et installe une visualisation négative.
Le souci ? Ce point est terminé. Définitivement. Le rejouer mentalement ne le corrigera pas, mais il parasitera le suivant. J’ai vu des matchs basculer uniquement à cause de ça : un point mal digéré qui en appelle trois autres.
La solution n’est pas d’ignorer l’erreur, mais de lui donner une place très courte. Une seconde pour l’identifier. Puis on passe à autre chose.
Ce que font les joueurs concentrés (sans même y penser)
Regardez un joueur régulier, même en championnat départemental. Il ne semble pas lutter pour se concentrer. Il agit. Toujours de la même manière. Une routine entre les points simple, presque automatique.
Ils ajustent leurs cordes, regardent un point précis derrière le court, soufflent profondément. Rien de spectaculaire. Mais chaque geste a une fonction : couper avec le point précédent et préparer le suivant.
Ce n’est pas inné. C’est appris. Et surtout, c’est reproductible à votre niveau, sans préparation mentale complexe ni discours abstrait.
D’ailleurs, beaucoup utilisent inconsciemment des supports matériels pour s’ancrer : serviette, balle, cordage, accessoires. Ce n’est pas un hasard si certains accessoires de tennis deviennent de véritables repères mentaux en match.
Se concentrer sur ce que l’on contrôle
Les joueurs concentrés ne pensent pas au score. Ni à l’adversaire. Ils se focalisent sur des objectifs de processus, c’est-à-dire des actions qu’ils maîtrisent totalement.
Par exemple : une zone de service, une hauteur de balle, un schéma simple. Ces objectifs contrôlables ramènent l’attention au présent et réduisent la pression.
À votre niveau, c’est encore plus crucial. Vous ne contrôlez pas la balle qui rase la ligne ou le coup chanceux d’en face. Mais vous contrôlez votre intention sur le prochain point.
La routine en 25 secondes entre deux points
La règle est claire : 25 secondes entre deux points. Plutôt que de subir ce temps, utilisez-le. Une routine efficace ne doit ni être longue, ni compliquée. Elle doit juste être constante.
Voici une méthode testée sur le terrain, adaptable à tous les niveaux, et compatible avec le rythme réel d’un match amateur.
- 5 secondes pour couper avec le point précédent
- 10 secondes pour recentrer l’attention
- 10 secondes pour décider et s’engager
Ce cadre simple évite le flottement mental. Il transforme un temps mort en véritable outil de performance.
Un détail qui a son importance : la balle. Le fait de choisir consciemment la balle que vous allez jouer (surtout au service) participe à l’ancrage mental. Ce n’est pas pour rien que le rapport à la balle de tennis est si ritualisé chez les joueurs expérimentés.
Respirer, décider, jouer
Respirer d’abord. Une respiration contrôlée, profonde, par le nez si possible. Elle fait redescendre la tension et calme le rythme cardiaque. Une seule suffit.
Décider ensuite. Une intention claire. Pas trois. Une seule. “Je joue lifté sur son revers.” Simple. Actionnable.
Jouer, enfin. Sans réévaluer. Sans douter. La décision a été prise avant. Sur le point, vous exécutez.
Cette séquence crée un rituel sportif stable. Et plus la pression monte, plus cette stabilité devient précieuse.
Une méthode complète pour rester concentré tout le match
La routine entre les points est le socle. Mais pour tenir sur la durée, elle doit s’inscrire dans une logique globale de préparation mentale. C’est ce que détaille la méthode présentée dans la vidéo ci-dessous.
L’intérêt de cette approche est sa cohérence : les mêmes principes avant, pendant et après le point. Pas de rupture. Pas de surcharge mentale.
Et contrairement à certaines méthodes théoriques, celle-ci s’intègre parfaitement dans un match réel, avec ses émotions, ses temps morts et ses variations de rythme. Même quand la fatigue s’installe. Même quand le stress monte.
Un dernier point souvent négligé : le confort. Un équipement adapté, notamment le textile de tennis, limite les distractions inutiles et aide à rester focalisé plus longtemps. Le mental passe aussi par le corps.
Application concrète en situation de match
Balle de break contre vous. Le score serre. Le public se rapproche. C’est typiquement le moment où l’esprit décroche.
La clé, c’est de ne rien changer. Même routine. Même respiration. Même intention simple. En jeu décisif, ce sont souvent les joueurs qui résistent mentalement qui font la différence, pas ceux qui frappent le plus fort.
Plus la situation est tendue, plus votre routine doit être automatique. C’est elle qui absorbe la pression du match de tennis.
Les erreurs fréquentes à éviter entre les points
Première erreur : vouloir analyser trop longtemps. Le court n’est pas un bureau. Une information, pas plus.
Deuxième piège : parler négativement, à voix haute ou intérieurement. Ces micro-discours sabotent la confiance et alimentent les erreurs de concentration au tennis.
Enfin, changer de routine en cours de match. Tester “autre chose” sous pression est rarement une bonne idée. La stabilité rassure le cerveau.
Si vous voulez creuser ces blocages, certaines erreurs fréquentes chez les joueurs amateurs ont souvent une origine mentale, bien plus que technique.
Combien de secondes a-t-on entre deux points au tennis ?
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Construire sa concentration point après point
La concentration ne se force pas pendant l’échange, elle se prépare entre les points. En structurant ces 25 secondes, vous empêchez la rumination de s’installer et vous revenez systématiquement à ce qui compte : une intention simple et contrôlable pour le point suivant.
Une routine claire vaut mieux qu’un effort mental permanent. Respirer, décider, jouer : ce cadre apaise la pression, surtout dans les moments chauds comme les balles de break ou le jeu décisif. Plus vous répétez, plus cela devient automatique.
Vous n’avez pas besoin d’être un expert du mental pour progresser. Entraînez cette routine à chaque match, acceptez l’imperfection, et observez la différence. Plus de régularité, plus de lucidité, et surtout plus de plaisir à jouer, point après point.



